TITRE : Les écoles présocratiques**

AUTEUR  : Dumont Jean-Paul

DATE DE PARUTION : 1991 (folio essais)

COMMENTAIRE : Très intéressant. De facile à difficile 

 
 
Il s’agit du corpus de tous les textes (ou presque) de la philosophie grecque jusqu’à Socrate, tels qu’ils ont été transmis ou cités par les auteurs anciens. De nombreux passages sont des fragments et souvent redondants entre eux. L’impression est souvent de se trouver devant un champ de fouilles, dont l’intérêt ne saute pas aux yeux (800 pages !). Les commentaires et interprétations du présentateur (Dumont) en sont d’autant plus admirables (je me demande parfois si le commentaire n’est pas supérieur aux textes eux-mêmes !) Si on hésite à lire tous les textes (mais il est souhaitable, au moins, de les parcourir) il faut lire au moins l’introduction de Dumont et les courtes présentations de chaque auteur (curieusement rejetées en Notes).

La philosophie est née lorsque la question de l’origine des choses a été thématisée en termes de principes, qui sont, par exemple, tantôt un élément matériel premier, comme l’eau ou l’illimité des Ioniens, tantôt un principe idéal comme l’Un des pythagoriciens, ou tantôt encore deux autres en même temps, comme l’être et le non-être de Parménide ou les atomes et le vide de Démocrite.

Les découvertes de la liaison pensée/raison/langage/être, des errements possibles de la raison (Zénon d’Elée et ses paradoxes logiques), des pouvoirs de la langue (rhétorique avec les sophistes) et des difficultés à accorder le sensible et l’intelligible (problème de l’erreur) font des présocratiques les inventeurs de la philosophie.

Évidemment une lecture, au pied de la lettre, de leurs interrogations et de leurs réponses laisse perplexe et il faut « traduire » en termes contemporains. Ainsi parler de Haine et d’Amour, comme principe de liaison/déliaison entre les éléments n’est, au fond, rien dire d’autre que de parler d’attirance/répulsion ; et dire, de nos jours, que l’origine est dans l’énergie, que l’univers peut se décrire en termes mathématiques car celui-ci est ordonné n’est pas très éloigné des réponses présocratiques.

 

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