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Forme du projet : La question était alors de savoir quelle forme pourrait prendre une telle réflexion. Les expériences d’animation de café philosophique d’Emmanuel Jardin, l’ont conduit à plusieurs constats :


-    Ces débats publics ne s’avèrent féconds qu’à la condition qu’ils soient menés, c’est-à-dire que leur objet soit clairement défini et qu’ils soient animés par des personnes capables d’apporter une certaine « expertise ».
-    La faiblesse de la réflexion sous forme de « café » réside principalement dans son manque de continuité.  Parce que les sujets changent à chaque séance de même que le public, on éprouve très vite l’impression de tout reprendre à chaque fois à zéro sans qu’il y ait une véritable progression de la réflexion. C’est ce qui avait amené les fondateurs de l’Atelier de philosophie à inventer une structure permettant un authentique travail de la pensée dans la durée. 
-    Enfin les différentes expériences de café-débat montrent que les séances ne doivent pas durer plus d’une heure trente car au-delà de cette limite les interventions ont tendance à s’étioler ou à tomber dans la redite. Mieux vaut achever un débat avec un peu de frustration plutôt qu’avec un sentiment de lassitude. 

L’ensemble de ces considérations nous a donc conduit à proposer un café philosophique thématique centré sur une question rectrice (Peut-on ne pas croire ?) problématisée sous la forme de cinq sous-questions ouvertes permettant tout à la fois une progression et un approfondissement de la réflexion. L’idée est que chaque séance puisse constituer à la fois un tout en elle-même et une étape dans un processus de réflexion afin que les participants puissent aussi bien venir de manière ponctuelle que s’inscrire dans une certaine continuité. 


Nous avons par ailleurs souhaité que chacune des séances soit ouverte par l’intervention d’un « expert » capable de poser avec précision et concision les termes du débat afin que ce dernier soit éclairé et qu’il ne se perde pas dans la simple juxtaposition d’opinions. Façon de dire que ce projet a une ambition culturelle, fût-ce de manière modeste, au double sens d’un apport de connaissances et d’un travail de la pensée
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