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Accueil Contributions Sur un prétendu droit de mentir
Sur un prétendu droit de mentir PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Daniel Pimbé   

 

"Un philosophe allemand va jusqu'à prétendre qu'envers des assassins qui vous demanderaient si votre ami qu'ils poursuivent n'est pas réfugié dans votre maison, le mensonge serait un crime".

C'est en ces termes que Kant fut pris à partie en 1796 par Benjamin Constant qui voyait dans cet exemple la preuve par l'absurde qu'on ne doit pas prendre de manière absolue l'obligation de dire la vérité.

Toutefois, le problème posé ici est-il vraiment de savoir s'il faut accorder ou ne pas accorder aux hommes un droit de mentir dans certains cas ?

 

Mise à jour le Mardi, 01 Juin 2010 11:56
 

Commentaires  

 
# Parisbd 29-01-2010 13:31
"le mal moral est enraciné dans la nature humaine". De quoi s'agit-il quand D.Pimbé nous dit aussi que cette nature est raison, ouverture et sensibilité à l'autre ?
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# Pimbé daniel 05-02-2010 08:46
Au cours de ma conférence, j’ai dit que le mal était (selon Kant) « enraciné dans la nature humaine ». Cette formule pose évidemment problème. Il ne faut surtout pas comprendre que nous serions nécessairement méchants, comme le tigre est nécessairement carnivore : nous serions alors innocemment méchants, comme les personnages de Sade. Rien n’est mauvais dans la nature humaine aux yeux de Kant : ni la raison, ni la sensibilité, ni le mélange des deux. Le principe du mal ne peut être qu’un libre choix, une décision que nous aurions pu ne pas prendre : la décision de mettre la loi au service de notre égoïsme, de la respecter tant qu’elle sera rentable et de la transgresser dès qu’il sera intéressant de le faire. Comme ce libre choix est à la source de toutes nos fautes, (y compris de celles que nous ne commettrons pas, faute d’occasion), on ne saurait le situer dans le temps : dans le jargon de Kant, nous dirons que c’est un choix « intelligible » ou « nouménal ». Ce que nous montre l’expérience, c’est seulement la manifestation « phénoménale » de ce choix fondamental : il nous apparaît dans le temps sous la forme d’un penchant inné au mal, autrement dit d’un mal radical.
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# Claude 03-02-2010 09:36
Je rejoins la préoccupation de Parisbd : comment s'articule, chez Kant, l'inclination au mal (mal moral enraciné dans la nature humaine) et la tendance au bien (la loi morale) chez l'homme ?
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# Bisson 03-02-2010 13:29
Je crois que la réponse est dans le postulat kantien de la double nature de l'homme. Réponse qui est derechef un argument contre le kantisme comme avatar pâle et königsbergien de la métaphysique de l'exil.
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